Ligne Maginot
restaurer les menus


Agenda


* Notre EXPO 2018 *

27 et 28 janvier

Prochaine réunion mensuelle

vendredi 8 décembre 2017 à 20h00 maison du parc.

À la découverte de la ligne Maginot à Blotzheim

La ligne Maginot, du nom du ministre de la Guerre André Maginot, est une ligne de fortifications construite par la France le long de ses frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie de 1928 à 1940.

Alors que les structures de défenses de la ligne Maginot sont planifiées depuis 1929 et construites en plusieurs phases selon des plans précis, la ligne Maginot du Sundgau n'apparaît qu'en pointillé sur les cartes, éclipsée par les gros ouvrages du Nord et la triple ligne des casemates du Rhin.

La ligne du Secteur Fortifié d'Altkirch n'était pas prévue initialement. En effet une clause du traité de Paris en 1815 interdisait la construction de défenses militaires à proximité de la frontière de la Suisse, pays neutre. Elle fut cependant décidée suite à l'arrivée d'Hitler en 1933 et aux remous provoqués par Mussolini au pouvoir en Italie.

Jusqu'à sa dissolution en 1935, c'est la Commission d'Organisation des Régions Fortifiées (C.O.R.F.) qui gère les constructions. Mais la main-d'oeuvre et les finances manquent et la poursuite des travaux est confiée aux commandants régionaux et locaux.

emblème des unités de la ligne Maginot

Le Centre de Résistance de Blotzheim

La ligne de résistance dite de la falaise, sise sur le rebord oriental des collines sundgauviennes, comprend les villages de Bartenheim, Blotzheim et Hésingue.

Pour la partie qui concerne Blotzheim, c'est le Général Garchery, inspecteur de la 7ème région, puis chef de la 8ème armée, en charge du secteur qui a donné l'ordre de couler environ tous les 500 à 1000 mètres, de petits blocs dits blockhaus Garchery, ils sont destinés à étoffer la ligne discontinue des casemates CORF de berges.

Accès par la D201, direction Hésingue
D201, direction Hésingue
D201, direction Hésingue
D201, direction Hésingue
D201, direction Hésingue
D201, direction Hésingue

Blotzheim était un carrefour stratégique, de part sa position géographique et la présence de la ligne de chemin de fer, c'est donc tout naturellement que la commune devint un Centre de Résistance.

La totalité des blocs est construite par la Main d'Œuvre Militaire (M.O.M.), c'est-à-dire les militaires français en poste dans la région. Les travaux débutent dès le mois d'août 1939 pour s'achever en mai 1940, à l’arrivée des Allemands.

observatoire, rue du Chant-des-Oiseaux blockhaus, rue des Vignes blockhaus, rue des Vignes blockhaus, rue de Michelbach blockhaus, rue des Étangs blockhaus, rue du Hopfet blockhaus, rue du Général de Gaulle blockhaus, rue Jean Moulin blockhaus, impasse des Tulipes blockhaus, place de l'Église blockhaus, rue du Général Salan observatoire, rue des Chalets blockhaus, ferme à la sortie sud du village blockhaus, ferme à la sortie sud du village blockhaus, rue de la Chapelle blockhaus, rue de la Chapelle blockhaus, rue du Rhin blockhaus, rue de la Chapelle centre de Blotzheim

Parmi la trentaine de petits ouvrages construits sur le ban de Blotzheim, nous retrouvons des postes d’observations, des blockhaus de flanquement pour mitrailleuses et d'autres mixtes pour mitrailleuses de 7,5 mm et 8 mm et canons anti-chars de 25 mm, des caves bétonnées.

Accès par la D201, direction Bartenheim
D201, direction Bartenheim
D201, direction Bartenheim
D201, direction Bartenheim
D201, direction Bartenheim
D201, direction Bartenheim
D201, direction Bartenheim

Dépôt du génie

Les recherches de Jean-Bernard Wahl et Christophe Agry, confirment la présence d'un dépôt du génie, composé de quatre bâtiments en bois et occupé par au moins dix hommes continuellement présents. Une carte du génie datant de 1943 permet de le localiser à côté de la ligne de chemin de fer, non loin de la gare GoogleMap. Position stratégique puisque y étaient acheminés et entreposés tous les matériaux de construction (ciment, béton, barbelés, galets du Rhin...) et des munitions de défense (grenades, mines...).

Communications

Afin que les différents postes de défenses restent en contact permanent, il y avait un important réseau téléphonique enterré et aérien, reliant les observatoires, les bunkers, le casernement et le génie. En témoigne aujourd’hui encore, deux chambres de coupure téléphonique qui servaient de relais aux différents réseaux à proximité. Une d'entre elles est située sur la droite du chemin des Planètes au niveau de l'effigie de Pluton GoogleMap, à trente mètres environ dans le champ. Elle est presque entièrement enterrée et l’accès se faisait par une trappe dans la partie supérieure du bunker. L'autre est accessible à partir de l'extrémité de la rue des Pierres. Après avoir suivi le chemin en face sur environ cinquante mètres, prendre un petit sentier. La chambre est située sous un noyer.

Chambres de coupure téléphoniques
Chambre de coupure téléphonique, chemin des Planètes
Chambre de coupure téléphonique, rue des ¨Pierres
Position d'artillerie
Position d'artillerie du Kellergraben

Artillerie au Kellergraben

Un des ouvrages les plus importants de la ligne Maginot à Blotzheim était la position d'artillerie établie au Kellergraben. Elle était située derrière une butte qui servait de mur insonorisant de manière à empêcher les allemands de localiser l'endroit. Elle comprenait trois plateformes supportant autant de canons de 155 mm et un dépôt. Le 14 mai 1940, cette batterie, en même temps que plusieurs autres, ouvrit le feu pendant trois heures sur les ouvrages allemands d'Istein, situés sur la rive opposée du Rhin. L'opération fut renouvelée au cours des nuits du 10 au 15 juin 1940. Chaque fois le risposte fut immédiate. L'ouvrage et son armement furent détruits au moment du repli de l'armée française. Ce qui en reste est en très mauvais état GoogleMap.

Les troupes

Et c'est signé!

signature du 10ème génie dans le blockhaus près d'Hésingue

Dans certains des ouvrages se retrouve encore le numéro qui leur avait été attribué. L'intérieur du bunker de la D201 qui est le plus proche d'Hésingue conserve la marque du 10ème régiment du Génie qui l'a construit.

Dans les bunkers, on dénombrait quatre à huit soldats, dont au moins un gradé.

Nous savons que dès 1939, entre 120 et 150 soldats du 171ème Régiment d'Infanterie de Forteresse (R.I.F.) et quelques soldats du 1er et 10ème Régiment du Génie (R.G.) stationnaient à Blotzheim. Nous avons d'ailleurs retrouvé la trace de ce dernier (voir encadré). Les soldats étaient logés dans un casernement composé de deux pavillons en bois, situé au nord-ouest de la rue du Mühlberg. GoogleMap

Si les soldats sillonnaient le village d’un poste à un autre selon les ordres des supérieurs. Nous savons aussi que le 25ème Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (G.R.D.I.), constitué du 11ème Régiment de Chasseurs à Cheval fut dirigé sur Blotzheim les deux premiers jours de septembre 1939 avec pour mission la couverture en cas d’attaque à partir de la Suisse. La formation comptait 285 chevaux, soignés par un vétérinaire, le sous-lieutenant Roy.

construction du blockhaus de la place de l'Église

Un document intéressant

Sur cette photographie, prise au cours de la construction du blockhaus de la place de l'Église, figure, en bas à gauche, Charles Freslon. Originaire de Toucy (Yonne) et soldat de la 2ème compagnie du 113ème Bataillon du 10ème Génie, il se trouvait en opération à Blotzheim en 1939 et 1940. Il fut fait prisonnier à la Bresse le 23 juin 1940. Interné au Stalag IA en Prusse orientale, il ne rentrera en France que le 25 juillet 1945.

Nous remercions vivement Marc Poulet de nous avoir contacté pour nous communiquer ce document et les détails concernant son grand-père. C'est après avoir consulté cette page qu'il a eu la sagacité de reconnaître le portail de l'église de Blotzheim qui apparaît en toile de fond sur ce cliché.

quitter